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Parmi les pays européens qui disposent d’une production nationale régulière, la Grèce est probablement celui dont les films sortent sur nos écrans avec la plus grande parcimonie. Cette frilosité de la part des distributeurs français, pourtant assez téméraires pour acquérir toutes sortes de films asiatiques ou latino-américains, peut expliquer partiellement l’attrait exotique que le troisième film de Panos H. Koutras a exercé sur nous. Nous sommes en fait si peu familiers avec la cinématographie grecque que nous n’avons pas de souvenir précis quant au dernier film venant de ce pays que nous aurions vu. Heureusement, cette lacune sérieuse sera rattrapée et par Strella, et par Canine de Yorgos Lanthimos, qui sortira quinze jours plus tard.
Après cette réserve préalable, nous tenterons néanmoins d’analyser ce film curieux et fascinant pour ce qu’il est, en dehors des terres filmiques inconnues qu’il nous fait découvrir. Le ton curieux qu’il adopte d’emblée n’est sans doute pas spécifiquement grec, mais le moyen d’expression artistique d’un réalisateur, qui sait laisser les choses en suspens. Panos H. Koutras évite avec une adresse notable les deux écueils contre lesquels son film aurait pu s’écraser successivement : le côté sordide d’une affaire sexuelle entre un ex-taulard et un transsexuel au début, et le poids de la culpabilité après le revirement majeur de la suite, qui offrait un potentiel tragique écrasant. Plutôt que de peindre la vie en rose, le scénario applique un pragmatisme optimiste, qui ne ferme point les yeux face à la situation délicate dans laquelle Yiorgos et Strella se trouvent, et qui ne propose pas non plus de solution miracle à leur dilemme.
Strella n’évolue pas sous la même grâce formelle que certains films de Pedro Almodovar, dont il s’inspire au moins indirectement. Mais sa vision de la marginalité en Grèce est loin d’être fataliste. Bien que son hédonisme réaliste dépasse parfois les bornes, notamment lors des courtes séquences oniriques avec ou sans écureuil, c’est un film plutôt courageux qui nous propose des personnages en chair et en os. Cette authenticité d’une intrigue, qui n’aurait pu être qu’une énième transposition moderne des tragédies antiques, est rendu possible par une brochette d’acteurs non-professionnels au talent naturel désarmant, la remarquable Mina Orfanou dans le rôle de Strella en tête !

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