Le Monde / Strella» : une version ‘queer’ de la culture antique

Quelles nouvelles du cinéma grec, qui avait longtemps semblé disparaître à l’horizon infini des films de Theo Angelopoulos ? Strella, un film pour le moins roboratif. Panos H. Koutras, son auteur, n’est pas tout à fait inconnu : on lui doit, réalisé en 1999 et sorti en 2001 en France, L’Attaque de la moussaka géante, inénarrable film Z qui brassait parodie de film fantastique et apologie queer dans les rues d’Athènes. Strella, troisième long métrage du réalisateur entièrement autoproduit, reste fidèle à cet esprit bravache, mais est néanmoins plus ambitieux. Il propose une adaptation débridée des fondements de la culture antique, notamment exprimés à travers le mythe et la tragédie.

L’histoire est renversante, et ne recule devant à peu près rien qui ne puisse contribuer à gifler le goût des honnêtes gens. Iorgos, un quinquagénaire laconique et inquiétant qui vient de passer quinze ans en prison, se met en quête de son fils, dont il a perdu la trace.

Parallèlement, il fait la connaissance de Strella, un jeune prostitué transsexuel de belle prestance, qui le vampe dans les couloirs de l’hôtel minable où il a élu domicile. Entre ces deux êtres, blessés, marginaux, tenus chacun par un inavouable secret, quelque chose comme un amour fou se déclare. Tandis que Iorgos est hébergé par Strella, le couple se met à rêver d’une installation pour ainsi dire bourgeoise.

Littérature oraculaire

Mais le destin veille, avec la découverte par Iorgos de la véritable identité de son fils et la révélation faite au spectateur du crime sanglant qui l’a conduit en prison.

Ces péripéties, il faut bien avouer qu’on se frotte parfois les yeux pour croire que le cinéaste a osé les imaginer, les figurer. D’autant que le récit qui les délivre relève d’une mise en scène paradoxalement plus attendue que son propos.

Reste un film dont la liberté de ton, le respect pour ses personnages, les ruptures inattendues de style et de registre (entre la piquante alacrité d’un Pedro Almodovar et le lyrisme opératique d’un Werner Schroeter) valent le détour.

Le film reste en revanche fidèle au canon de la littérature oraculaire et à sa cruelle ironie, qui consiste à faire accomplir au héros son destin par le geste même qu’il prétendait éviter.

Jacques Mandelbaum

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